démarche Triptyque : le 3ème album en 3 volets

Pour moi, il n’y a plus d’un côté des compositions musicales et de l’autre ma vraie vie. Il n’y a pas non plus de recherche progressive d’un chef d’œuvre, mais une œuvre musicale entière que je découvre en moi au fur et à mesure de ma vie, dont Jug eût l’air.

Origine de la démarche

Regrouper mes musiques par album a été assez naturel après le projet collectif « Ilion » (2000), en raison du volume de chansons et comme un plaisant mimétisme d’amateur. Ainsi, « Manufactured by Jug » (2005) est un album de chansons au style d’écriture assez personnel. Ensuite, « Con’Jug&Son » (2009) lui fait directement écho, avec le même joli nombre magique de chansons (21 = 3×7). Mais les collaborations témoignent d’une évolution à la fois de mon état d’esprit et de mon approche musicale. Donc une thématique personnelle se dégage de ces ensembles, et je me suis rendu compte qu’elles s’inscrivent dans une suite logique, …qui a du sens pour moi.

Le 1er, « Manufactured by Jug« , est de toute évidence sous le thème de l’introspection, avec une sorte de miroir sur la pochette, comme un « connais-toi toi-même ». Il est aussi le premier album à la fois réalisé tout seul et assumé. Ainsi il tombe sous la représentation symbolique du chiffre 1.

Le 2ème, « Con’Jug&son » est sous le thème des rencontres et croisements, que l’on retrouve évidemment dans les chansons qui marquent mon « chemin de vie » et dans le fait d’avoir intégré à chaque fois les collaborations avec mes potes. Ainsi il tombe sous la représentation symbolique du chiffre 2.

A partir de là, comme je sais compter (!), je sais que le 3ème album représentera symboliquement le chiffre 3. Les choses s’inversent : je peux déterminer à l’avance le thème de mes prochaines œuvres, donc de mes états d’âmes, plutôt que de les constater à posteriori. Je deviens maître de ma catharsis en lui donnant une orientation.

Élaboration du Triptyque

Autant s’en amuser, donc cherchons ce qui tombe sous la symbolique du chiffre 3. Forcément en 3 dimensions, ce volet sera sous le thème de l’équilibre et de la trinité. Et comme ma vie personnelle de trentenaire (pour le moment !) ne me permet plus une production aussi abondante de 21 morceaux à la fois comme les 2 premiers albums, le thème de l’équilibre indiquant aussi de ne pas faire un album massif d’un coup, je découpe le 3ème album en 3 volets de 7 morceaux. Nous sommes environ en l’an 2010 et voilà que nait le triptyque. Chaque volet aura son caractère, sa thématique, et son style musical, symboliquement sur 7 morceaux.

Le triptyque représente l’équilibre à trouver sous 3 approches : le solide (glace), le liquide (eau), le gazeux (vapeur)… ; le corps, l’esprit, l’âme… ; etc… et aucun des 3 n’a de sens sans les 2 autres, comme les étage d’un immeuble. J’établis ainsi les 3 volets du Triptyque :

  • les émotions en états d’âmes (crypte)
  • les formes de temps (balcon)
  • la capacité de concentration (grenier)

Les trois volets

Le premier volet « Crypte«  fût un album sans paroles, sans le format « chanson », mais avec beaucoup de production, c’est-à-dire de travail sur les sons, pour transcrire certaines formes de stress. C’était aussi mon état personnel du moment et mon aspiration musicale après le gros travail de finalisation sonore de « Conjug&son ». Donc j’ai produit des morceaux basés sur des riffs et des boucles malaxées.

Un jour je suis tombé sur un documentaire à la télévision expliquant que le peintre Picasso avait de l’admiration pour les masques africains qui représentent nos peurs ou nos problèmes, car il est plus facile de faire face à une menace quand on lui donne un visage, une identité. Le sens du premier tiers était trouvé. Le masque de la pochette avait été dessiné par mes soins pour une soirée déguisée.

Le deuxième volet du triptyque s’appellera « Balcon » et représentera le temps qui passe sous toutes ses formes. Le pochette montre l’immeuble qui s’ouvre, l’eau des émotions qui jaillit, l’eau accumulée, la végétation qui foisonne, donc le temps qui passe. Car une fois les émotions et le phénomène de prolifération des pensées bien identifiés, il convient de les replacer dans le temps, pour les atténuer (relativiser) ou les renforcer (travailler la prise de conscience de l’instant présent). Cela aboutit à un album plus acoustique, tout au moins avec moins de synthétiseurs et de montages, et une plus grande assurance dans le chant, avec le travail des harmonies vocales aidées par une expérience significative comme choriste et un retour au solfège pour poser les idées des chansons.

Le troisième volet du triptyque s’appellera « Grenier » et représentera quelque chose de mental ou spirituel, quelque chose de plus haut, autour des notions de plafond, de peur à dépasser et d’accumulation de tout ce qu’on a en soi, profitable ou délétère pour continuer de s’élever… Cet album reste à paraitre. Vous ai-je perdu ?

Et après ? Et avant ?

Avec un album numéroté troisième, ce n’est pas forcément une trilogie que je cherche à constituer, car il y aura sans doute encore d’autres albums après. Peut-être que le 4ème album sera sous la symbolique du chiffre 4 et ainsi de suite, mais pour l’heure je ne sais pas. Par contre, je sortirai probablement du cadre de 3×7=21 morceaux, qui aura été à peu près respecté sur ces trois albums.

Et précédemment, les morceaux instrumentaux de « Brouillons les pistes » (1997) ou les chansons du spectacle « Ilion » (2000) ou d’autres choses comme les chutes d’albums (regroupées dans « Balises & heures« ) et des remix par exemple, avaient leur existence propre. Dois-je leur attribuer aussi un chiffre symbolique dans cette logique ?

étape Quatre

Après l’étude des tempêtes du mental, il faudra regarder le calme socle au fond.

Chansons électro-pop-rock-françaises dont Jug eût l’air